Archives
Archives aborde les formes contemporaines d’asservissement et de traite humaine, particulièrement celles qui touchent les femmes. Les figures, souvent assises et silencieuses, refusent cependant toute représentation spectaculaire de la violence. La série place au contraire la dignité, la présence et la résistance au centre de l’image, faisant du silence non pas une absence de parole, mais la trace de ce qui ne peut ou ne veut être entièrement raconté.

Archive I, 2019
Acrylic on canvas
160 x 120 cm

Archive II, 2019
Acrylic on canvas
160 x 120 cm

Archive III, 2019
Acrylic and fabrics on canvas
160 x 120 cm

Archive IV, 2019
Acrylic on canvas
360 x 160 cm

Archive V, 2019
Acrylic and charcoal on canvas
160 x 120 cm

Archive VI, 2020 - 2024
Oil on canvas
160 x 120 cm

Archive VII, 2020
Oil on canvas
160 x 120 cm


Kala Fara or The Triumph of the nature
2020
Oil on canvas
160 x 120 cm
The Seat of Power
2020
Oil on canvas
160 x 120 cm

I see Freedom
2020
Oil on canvas
160 x 120 cm
Créée dans l’isolement imposé par la pandémie de Covid-19, Kala Fara ou Le Triomphe de la Nature interroge les cycles de la vie, de la mort et de la renaissance, ainsi que le lien profond qui unit l’être humain au monde naturel.
Face à une période marquée par la disparition, l’incertitude et le deuil, l’œuvre affirme pourtant la possibilité d’un recommencement. Le soleil se lève à nouveau, les fleurs repoussent, et avec elles demeure l’idée que l’humanité, comme la nature, possède une capacité de résistance et de régénération.
La jeune femme incarne ici l’humanité, encore jeune à l’échelle de l’histoire de la planète. Elle est entourée de fleurs aux couleurs multiples, évoquant les différentes régions du monde et l’idée d’une humanité liée par une expérience commune. Sa coiffure, partiellement dénouée, renvoie aux traditions de deuil observées notamment chez les Hova, les Merina et les Betsileo à Madagascar. Elle devient ainsi à la fois figure de mémoire et de continuité : elle porte le deuil de celles et ceux qui ont disparu tout en demeurant tournée vers la vie.
Kala Fara est ainsi conçue comme une œuvre de mémoire, mais aussi comme une affirmation de résilience. Elle rappelle que, malgré la distance et l’isolement, les êtres humains demeurent liés par une même vulnérabilité, une même appartenance au vivant et une même capacité à renaître.
Créée dans le contexte de la pandémie de Covid-19, The Seat of Power prend pour point de départ l’image des sièges laissés vides par l’absence, l’isolement et la disparition. À travers ce motif simple, l’œuvre évoque à la fois la perte, le silence des espaces désertés et la fragilité soudaine des structures sociales que l’on croyait établies.
Mais ces sièges vacants ne renvoient pas uniquement à ce qui a disparu. Ils ouvrent également la possibilité d’un renouvellement. Dans un monde contraint de repenser ses équilibres, ils deviennent les symboles de places encore à occuper, d’espaces de décision et de responsabilité qui peuvent être investis autrement.
L’œuvre interroge ainsi la question de la représentation et de l’égalité. Qui est autorisé à prendre place ? Qui participe aux décisions qui façonnent la société ? Ces sièges appellent à être occupés par des femmes et des hommes de générations, d’origines et d’expériences différentes, capables de contribuer à une construction collective plus juste.
The Seat of Power transforme donc l’absence en question politique. Derrière le vide subsiste une invitation : celle d’imaginer qui prendra place, qui prendra part, et qui contribuera à transformer le monde à venir.
Dans I See Freedom, la cage est ouverte. Pourtant, l’œuvre ne s’arrête pas au simple geste de libération : elle interroge ce qui vient après. La femme représentée n’attend pas qu’on lui rende sa liberté. Elle l’a reprise elle-même. Elle tient désormais le pouvoir sur son propre destin et se retrouve face à celles et ceux qui ont construit les structures destinées à l’enfermer.
La cage devient ici le symbole d’un système d’oppression plus large : celui qui réduit certaines femmes à des corps que l’on contrôle, observe, possède ou contraint. L’œuvre refuse cette logique de domination. Un être humain n’est ni un objet à exposer, ni une présence à enfermer pour satisfaire le regard ou le pouvoir d’autrui.
La liberté ne signifie donc pas seulement sortir de la cage. Elle implique de retrouver son autonomie, sa voix et sa capacité d’agir. Elle exige aussi de regarder en face les mécanismes qui ont rendu l’enfermement possible.
I See Freedom est ainsi une œuvre de rupture et de reconquête. La femme n’est plus représentée comme victime du système : elle devient celle qui en franchit les limites, reprend possession de son existence et affirme son droit fondamental à être libre.