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Archives

Archives aborde les formes contemporaines d’asservissement et de traite humaine, particulièrement celles qui touchent les femmes. Les figures, souvent assises et silencieuses, refusent cependant toute représentation spectaculaire de la violence. La série place au contraire la dignité, la présence et la résistance au centre de l’image, faisant du silence non pas une absence de parole, mais la trace de ce qui ne peut ou ne veut être entièrement raconté.

Archive I, 2019, acrylic painting by Tara Shakti from the Archives series exploring women, oppression, human trafficking and resistance.

Archive I, 2019

Acrylic on canvas

160 x 120 cm

Archive II, 2019, acrylic painting by Tara Shakti from the Archives series addressing women’s enslavement, dignity and resistance.

Archive II, 2019

Acrylic on canvas

160 x 120 cm

Archive III, 2019, acrylic and fabric painting by Tara Shakti from the Archives series, confronting human trafficking, dignity and female resistance.

Archive III, 2019

Acrylic and fabrics on canvas

160 x 120 cm

Archive IV, 2019, monumental acrylic painting by Tara Shakti from the Archives series exploring oppression, memory and female resilience.

Archive IV, 2019

Acrylic on canvas

360 x 160 cm

Archive V, 2019, acrylic and charcoal painting by Tara Shakti exploring human trafficking, invisible forms of oppression and female dignity. Collection Dubai, Blaise Carroz, Idoneus

Archive V, 2019

Acrylic and charcoal on canvas

160 x 120 cm

Archive VI, 2020–2024, oil painting by Tara Shakti extending the Archives series through themes of oppression, memory, dignity and resistance.

Archive VI, 2020 - 2024

Oil on canvas

160 x 120 cm

Archive VII, 2020, oil painting by Tara Shakti from the Archives series exploring female dignity, solidarity, oppression and resistance.

Archive VII, 2020

Oil on canvas

160 x 120 cm

Kala Fara or The Triumph of Nature, 2020, is an oil painting by Tara Shakti exploring mourning, humanity, resilience, rebirth and the power of nature.
The Seat of Power, 2020, is an oil painting by Tara Shakti questioning equality, representation, absence and access to positions of power.

Kala Fara or The Triumph of the nature

2020

Oil on canvas

160 x 120 cm

The Seat of Power 

2020

Oil on canvas

160 x 120 cm

I See Freedom, 2020, is an oil painting by Tara Shakti exploring female liberation, agency and resistance against oppression and confinement.

I see Freedom

2020

Oil on canvas

160 x 120 cm

Créée dans l’isolement imposé par la pandémie de Covid-19, Kala Fara ou Le Triomphe de la Nature interroge les cycles de la vie, de la mort et de la renaissance, ainsi que le lien profond qui unit l’être humain au monde naturel.

Face à une période marquée par la disparition, l’incertitude et le deuil, l’œuvre affirme pourtant la possibilité d’un recommencement. Le soleil se lève à nouveau, les fleurs repoussent, et avec elles demeure l’idée que l’humanité, comme la nature, possède une capacité de résistance et de régénération.

La jeune femme incarne ici l’humanité, encore jeune à l’échelle de l’histoire de la planète. Elle est entourée de fleurs aux couleurs multiples, évoquant les différentes régions du monde et l’idée d’une humanité liée par une expérience commune. Sa coiffure, partiellement dénouée, renvoie aux traditions de deuil observées notamment chez les Hova, les Merina et les Betsileo à Madagascar. Elle devient ainsi à la fois figure de mémoire et de continuité : elle porte le deuil de celles et ceux qui ont disparu tout en demeurant tournée vers la vie.

Kala Fara est ainsi conçue comme une œuvre de mémoire, mais aussi comme une affirmation de résilience. Elle rappelle que, malgré la distance et l’isolement, les êtres humains demeurent liés par une même vulnérabilité, une même appartenance au vivant et une même capacité à renaître.

Créée dans le contexte de la pandémie de Covid-19, The Seat of Power prend pour point de départ l’image des sièges laissés vides par l’absence, l’isolement et la disparition. À travers ce motif simple, l’œuvre évoque à la fois la perte, le silence des espaces désertés et la fragilité soudaine des structures sociales que l’on croyait établies.

Mais ces sièges vacants ne renvoient pas uniquement à ce qui a disparu. Ils ouvrent également la possibilité d’un renouvellement. Dans un monde contraint de repenser ses équilibres, ils deviennent les symboles de places encore à occuper, d’espaces de décision et de responsabilité qui peuvent être investis autrement.

L’œuvre interroge ainsi la question de la représentation et de l’égalité. Qui est autorisé à prendre place ? Qui participe aux décisions qui façonnent la société ? Ces sièges appellent à être occupés par des femmes et des hommes de générations, d’origines et d’expériences différentes, capables de contribuer à une construction collective plus juste.

The Seat of Power transforme donc l’absence en question politique. Derrière le vide subsiste une invitation : celle d’imaginer qui prendra place, qui prendra part, et qui contribuera à transformer le monde à venir.

Dans I See Freedom, la cage est ouverte. Pourtant, l’œuvre ne s’arrête pas au simple geste de libération : elle interroge ce qui vient après. La femme représentée n’attend pas qu’on lui rende sa liberté. Elle l’a reprise elle-même. Elle tient désormais le pouvoir sur son propre destin et se retrouve face à celles et ceux qui ont construit les structures destinées à l’enfermer.

La cage devient ici le symbole d’un système d’oppression plus large : celui qui réduit certaines femmes à des corps que l’on contrôle, observe, possède ou contraint. L’œuvre refuse cette logique de domination. Un être humain n’est ni un objet à exposer, ni une présence à enfermer pour satisfaire le regard ou le pouvoir d’autrui.

La liberté ne signifie donc pas seulement sortir de la cage. Elle implique de retrouver son autonomie, sa voix et sa capacité d’agir. Elle exige aussi de regarder en face les mécanismes qui ont rendu l’enfermement possible.

I See Freedom est ainsi une œuvre de rupture et de reconquête. La femme n’est plus représentée comme victime du système : elle devient celle qui en franchit les limites, reprend possession de son existence et affirme son droit fondamental à être libre.

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